Témoignage de Amaël
Mon parcours de sportif trans : entre passion et affirmation de soi
Je suis Amaël, un homme trans de 32 ans, papa d'un bébé chien de 9 ans et demi et 60 kg. Assistant vétérinaire de métier, je suis avant tout un sportif de longue date.
Le sport est bien plus qu'une simple activité physique : c'est un moyen d'expression, un refuge, et parfois même un combat. En tant qu'homme transgenre et passionné de sport depuis toujours, j’ai traversé de nombreux défis avant de pouvoir m'épanouir pleinement. Aujourd’hui, je partage mon histoire pour donner de l’espoir, inspirer, et sensibiliser sur les réalités du sport lorsqu’on est une personne trans.
Une enfance bercée par le sport
Né dans une famille passionnée de football – un grand-père fan de l’ASSE et une mère repérée par le PSG lors de sa création – j’ai grandi avec une véritable culture sportive. Pourtant, malgré mon envie de jouer au foot, ma mère s’y opposait fermement, connaissant trop bien les mentalités présentes dans ce milieu, notamment dans le sud de la France.
Privé de football, j’ai exploré divers sports : judo, basket, tennis, gymnastique, danse, athlétisme… Mais c’est à 10 ans que j’ai eu un véritable coup de cœur pour le handball, un sport qui m’accompagne encore aujourd’hui.
Le poids de la transidentité dans le sport
J’ai toujours su que j’étais un garçon. Pourtant, les représentations de l’époque étaient rares et souvent négatives. Un exemple marquant pour moi fut l’histoire de Caster Semenya, une athlète cisgenre victime de discrimination en raison de son apparence jugée trop masculine. Son parcours m’a profondément marqué et renforcé ma peur d’être rejeté, aussi bien par mes proches que par le monde du sport.
Par peur de perdre ma famille, mes ami·es, et de devoir abandonner ce qui me faisait vibrer, j’ai décidé d’enfouir cette vérité en moi. Je me disais : « Tais-toi, joue, et quand tu devras arrêter à cause de l’âge, alors on verra… »
Le déclic : enfin être soi-même
Avril 2021, quelques mois après les confinements, j’ai compris que c’était le moment. J’avais une situation stable, un travail et un foyer où je me sentais bien, et surtout, une équipe de football féminine exceptionnelle. Malgré notre situation en campagne, mes coéquipières étaient ouvertes d’esprit et bienveillantes. Grâce à cela, j’ai pu continuer à jouer avec elles pendant deux ans, n’ayant pas encore changé mon état civil et ne jouant pas à haut niveau.
Pour le handball, j’ai choisi de quitter la compétition et de rejoindre une section loisir, où se retrouvent des adultes débutant·es ou d’anciens compétiteurs souhaitant jouer sans pression.
Un entourage qui change tout
Grâce au soutien de mes proches, de mes coéquipières et de ma famille, j’ai pu ouvrir la porte à ma véritable identité, au lieu de simplement regarder par le trou de la serrure. Aujourd’hui, je suis épanoui, entouré de celles et ceux qui comptent pour moi, et je peux enfin être le jeune homme que j’ai toujours su être.
Conclusion : un message d’espoir
Le sport est un espace où chacun devrait pouvoir s’exprimer librement, sans crainte d’être jugé pour son identité. Mon parcours est la preuve qu’avec du courage, du soutien et de la détermination, il est possible de vivre pleinement sa passion sans renier qui l’on est.
Si mon histoire vous touche ou peut aider quelqu’un de votre entourage, n’hésitez pas à la partager. Ensemble, faisons évoluer les mentalités et ouvrons les terrains à toutes et tous.



